Monsieur Zolock

C'était un lundi comme les autres. Je finalisais les factures des projets de la semaine passée, je mettais un peu d'ordre pour la semaine à venir. 

Puis mon amie Mel m'invite à cette étrange projection de ce film, Pourquoi l'étrange Monsieur Zolock s'intéressait-il tant à la bande dessinée?. Ouep, c'est le titre du film. Un documentaire fantaisiste des années 80 sur la bande dessinée québécoise, française et belge.

Alors me voici en ce lundi soir ordinaire à rouler en scooter jusqu'au centre-ville. Je n'étais jamais allée au Cinéma Impérial, je n'avais jamais été voir une projection pendant le Festival Fantasia. Pis j'ai été charmée. 

Le film comme tel est une très belle curiosité. Une bobine restaurée par Éléphant, dont personne n'avait revu ses images depuis près de 35 ans. Pas même son réalisateur, Yves Simoneau. Encore moins l'acteur principal, un alors très jeune Michel Rivard dans le rôle d'un enquêteur naïf qui doit TOUT apprendre sur la bande dessinée pour son sombre client, Monsieur Zolock. Ça peut sonner bête comme prémisse, mais cette intrigue sert bien le rythme du film et la progression des entrevues.

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Revoir ces images après autant d'années de dormance, ça donne l'impression de déterrer un trésor bien enfoui; une production québécoise rafraîchissante et sans prétention, avec des entrevues de bédéistes considérés encore aujourd'hui comme des géants du 7ème art. Bilal, Bretécher, Druillet, Franquin, Fred, Giraud, Gotlib, Yves Got, Annie Gotzinger, Greg, Peyo, Hugo Pratt, Reiser, Tardi, Uderzo, et les québécois Garnotte, Serge Gaboury et Réal Godbout.

Ils discutent tous pendant un peu plus d'une heure de leur métier, leurs discours et l'impact qu'ils peuvent avoir, ainsi que l'amour du dessin, du bon gag et de la bonne histoire. Ça donne des moments hilarants, ne serait-ce que voir Bretécher dire se foutre de tout, Peyo exposer des produits dérivés des Schtrumpfs tous plus ridicules les uns des autres, Morris se plaindre que c'est la faute des femmes si Lucky Luke est si "convenu", ou encore un Druillet plutôt vaniteux qui affirme avoir fait exploser la bande dessinée française. 

À travers de tout ça, on reste pantois devant ces moments où Giraud retouche une planche et où Bilal parle de l'importance de la couleur et des effets de brouillard dans son travail. 

Je sais pas quand ni comment il sera à nouveau possible de visionner Pourquoi l'étrange Monsieur Zolock s'intéressait-il tant à la bande dessinée?, mais une chose est certaine, c'est qu'il s'agit là d'un film toujours aussi passionnant, 35 ans après sa sortie.